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Full text of "Le betail canadien"

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LE BETAIL CANADIEN 

PAR LE 

Dp. J. A. COUTURE, M. V. 

Secrétaire de la Société 



DES 



ELEVEURS DE BETAIL CANADIEN 



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Imp. " La Semai ne Commerciale," C^uéhc 




The EDITH and LORNE PIERCE 
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LE BÉTAIL CANADIEN 



PAR LE 



Dp. J. A. COUTURE, M. V. 

Secrétaire de la Société 



DES 



ELEVEURS DE BETAIL CANADIEN 






fi* 



Avec les compliments de 

M. W. POWER, M. P. 

St-Pacôme. 



LE BETAIL CANADIEN. 



La race bovine canadienne, dont 1 existence n'était pas même 
soupçonnée en dehors de la province de Québec, avant 1900, est 
non seulement la plus ancienne race bovine de l'Amérique septen- 
trionale mais aussi, Lt seule qui y ait été fondée, développée et con- 
servée dans toute sa pureté, durant près de trois siècles. 

HISTORIQUE. 

La race bovine canadienne descend des bestiaux qui nous 
furent amenés de France dans les premiers temps de la Colonie. 
Un certain nombre nous furent envoyés par ordre de Louis XI V, 
qui aimait à faire grand, avait donné instruction à son Ministre, 
Colbert, lui-même très désireux de voir fleurir la Colonie, de n'ex- 
pédier ici, que les meilleurs animaux du royaume. 

Un certain nombre de ces animaux furent amenés au Canada 
par les premiers colons eux-mêmes, colons venant surtout de la 
Bretagne et de la Normandie. Le voisinage de ces deux provinces 
des îles de Jersey, de Guernsey et de l'Irlande, explique donc facile- 
ment l'origine commune des races bovines Canadienne, Jersey, 
Guernsey et Kerry. 

On lit dans les mémoires du temps, que l'Intendant de Tracy 
et le gouverneur de Courcelles, amenèrent du bétail et qu'il y 
avait déjà de ces animaux dans le pays. Le Suédois, Peter Kalm, 
qui fit un voyage en Canada en 1749, écrivait, à la date du 25 Août 
delà même année. . . ."Les vaches viennent de France; elles va- 
rient de couleur mais la plupart sont rouges (fauves probablement) 
ou noires. 

Tous les bestiaux envoyés de France en Canada, devaient venir 
d'une souche commune bien que de familles différentes, car tous 
présentent les mêmes caractéristiques. 



Le Bétail Canadien 



La vache canadienne est une de la même souche que la Jersey, 
la Guernsey et la Kerr auxquelles elle ressemble par quelques 
points. La couleur de sa robe est tantôt celle de la Jersey, tantôt 
celle de la Guernsey et tantôt celle de la Kerry. Par la richesse 
du lait, la délicatesse des formes et la douceur du tempéramen'", elle 
tient de la Jersey ; elle a la frugalité de la Kerry, l'ampleur du 
tronc et l'abondante production du lait de la Guernsey. Il va sans 
dire que chacune d'elles possède certaines caratéristiques, qui lui 
ont été imprimées par un séjour de plusieurs siècles dans son pays res- 
pectif et qui en fait la vache par excellence de ce pays. Toutefois 
la ressemblance entre la vache canadienne et la Jersey ou la Kerry 
est tellement grande, que bien souvent on la prendra pour une Jer- 
sey de couleur un peu foncée ou pour une grande Kerry. 

En 1850, à l'exception de quelques troupeaux d'Ayrshires, dans 
le voisinage des villes et des cantons de l'Est, tous nos bestiaux 
étaient de pure race Canadienne. 

En 1853, la Chambre de l'Agriculture fut fondée. Ceux qui 
en formaient partie étaient assurément, (au moins doit-on le suppo- 
ser) bien intentionnés mais ils étaient malheureusement mal ren- 
seignés sur la valeur de notre race bovine, partant fort mal dis- 
posés à son égard. Aussi, dès la première année de son existence, 
la Chamore d'Agriculture mit-elle tout en œuvre pour substituer 
l'Ayrshire et les autres races importées, à la vache canadienne. 
Cette campagne, contre notre race bovine, dura 25 ans et la Cham- 
bre d'Agriculture réussit à merveille dans son œuvre de destruction, 
partout où son iufluence se faisait tant soit peu sentir. Quant à la 
masse de la population agricole, elle finit par croire ce que lui répé- 
taient, sur tous les tons, partout et toujours, ceux qui avaient 
mission de l'enseigner, à savoir : "Que la vache canadienne ne valait 
absolument rien, qu'elle était une charge, une « anse de ruine pour le 
cultivateur, et que ce dernier devait, s'il désirait se tirer d'affaires, s'en 
delarrasser au plus tôt ". Et le cultivateur se prit à détester sa 
race de bétail et soupirer après le jour où il pourrait le remplacer 
par l'Ayrshire ou la Courtes-Cornes. Il va sans dire qu'un tel état 
d'esprit portait le cultivateur à diminuer, plutôt qu'à augmenter, la 
ortion de la pauvre bête. 



Le Bétail Canadien 



Quant aux pouvoirs publics, aux fonctionnaires de toutes sor- 
tes et à tout ce qui s'inspire d'ordinaire de cette classe de gens, ils 
étaient tous convaincus, en 1880, que le bétail canadien n'existait 
déjà plus. 

En 1880, M. E. A. Barnard, directeur de l'Agriculture, M. S. 
LeSage, assistant-commissaire de l'Agriculture, M. J. C. Chapais. 
alors assistant rédacteur du Journal d'Agriculture et moi-même 
nous nous mîmes à l'oeuvr : pour réhabiliter la race bovine cana- 
dienne La Société de l'Industrie Laitière et quelques autres per- 
sonnes non préjugées prirent part au mouvement et nous apportè- 
rent un précieux concours. 

La Chambre d'Agriculture, devenue le Conseil d'Agriculture, 
avait dit qu'il n'y avait plus de bétail canadien. Il fallait prouver 
le contraire Toute la province fut donc visitée et l'on constata 
qu'au moins 75 pour cent du bétail était encore exempt de tout sang 
étranger. En 1886, le Gouvernement Provincial ouvrit le Livre de 
Géolofie de la race bovine canadienne. On fit une propagande ac- 
tive en faveur de cette race, au moyen de nombreux articles dans 
les journaux, de conférences, d'opuscules, de concours pour la pro- 
duction du lait et du beurre. 

En 1895, la Société des Eleveurs de Bétail Canadien fut fondée, 
Un certain nombre de cultivateurs intelligents et de progrès, entre 
autres, MM. A. Denis, Ls Thouin, Ls P. Sylvestre, se formèrent 
d'excellents troupeaux qu'ils conduisirent aux grandes expositions, 

En 1901, le bétail canadien prit part au concours des races 
laitières à Buffalo et s'y montra le plus profitable, par rapport au 
coût de la nourritnre consommée ; c'est vers ce temps-là aussi que 
la Ferme Expérimentale d'Ottawo, fit l'acquisition d'un troupeau 
de bétail canadien. Nous en avons exporté dans les états de New. 
York, Massachusetts, Pensylvanie, Missouri, dans le Manitoba, 
la Nouvelle-Ecosse, l'Ile du Prince- Edouaid et le Japon. 

Les éleveurs de bétail canadien aux Etats-Unis se sont formés 
en société sous la présidence de M. C. E. Colburn, de Portland ville, 
N. Y., et y ont ouvert un Livre de Généalogie. Au nombre fies 
éleveurs des Etats-Unis, se trouve M. Boldt, propriétaire de l'hôtel 
Waldorf-Astoria, à New- York. 



Le Bétail Canadien 



DESCRIPTION 

Le bétail canadien est de petite taille. La femelle pèse de 700 
lbs à 900 lbs ; le mâle adulte peut atteindre le poids de 1400 lbs. 
La rob peut être de couleur noire, ou brune, ou fau\e, mais la cou- 
leur préférée est brune foncée, avec raie jaune sur le dos et raie 
brune ou grise autour du mufle. Durant les premiers mois de leur 
existence, les veaux sont roux et ce n'est quelquefois pas avant l'âge 
d'un an que la robe prend sa couleur définitive. 

La vache canadienne est douce, active et alerte sans être ner- 
veuse, qualité essentielle chez la vache laitière. 

Douée de la santé robuste des races du nord, acclimatée par près 
de trois siècles de séjour en ce pays, d'une frugalité incomparable, 
nulle autre race bovine ne possède, à elle seule, autant de qualités, 
ne répond mieux aux soins qu'elle reçoit et n'est plus profitable pour 
le commun des cultivateurs, que la vache canadienne. Et à ce sujet, 
qu'il nous soit permis de faire quelques citations. 

Le Professeur Thos Shaw, dans son livre "The Study of the 
Breeds ", traitant de la vache canadienne, écrit : " Les longs et 
rigoureux hivers de Québec auxquels le bétail canadien a été exposé, 
en ont fait le bétail laitier le plus robuste et le plus résistant au 
monde ". M. James R. Oastler, régisseur de la ferme de Sir Wm 
Van Horne, à St- Andrews, N.B. écrit au Maritime Farmer Co. 
operative Dairymn, No du 5 mai 1908 : — 

" Le climat rigoureux de Québec et les conditions naturelles 5 
c'est-à-dire sans soins spéciaux, dans lesquelles le bétail canadien a 
été tenu durant des siècles, ont développé chez ces animaux une vi- 
gueur sans pareille et les ont adaptés aux pires milieux. . . . Leur 
aptitude à tirer bon parti des déchets de la ferme, tels que la paille 
etc, est tout simplement merveilleuse ". Dans son opuscule " The 
Rising Dairy Breed ", M. T. B. Macaulay, propriétaire de la Mount 
Victoria Stock Farm, à Hudson Heights, écrit ce qui suit de la 
vache canadienne : — 

" Les vaches canadiennes sont justement renommées pour la 
richesse de leur lait et la persistance de leur lactation. Le con- 
cours de Buffalo a montré qu'elles donnaient presqu'autant de pro- 
fits nets à la fin des six mois qu'au commencement du concours. Il 



Le Bétail Canadien 



est même permis de croire, que si au lieu de six mois, le concours 
eût été de douze mois les vaches Canadiennes auraient montré bien 
davantage leur supériorité sur les autres races. Le lait de ces 
vaches est riche. I! est rare que le pourcentage moyen de matières 
grasses pour toute l'année, soit moins de 4 par cent; bien souvent 
il atteint 6 et même 7 par cent." 

Les nombreuses expériences faites jusqu'ici nous permettent de 
classifiier comme suit les différentes races du pa}?s, quant à la ri- 
chesse du lait. 

Race Jersey, de 5 à 6, même 7 pour cent. 

" Canadienne, "1 , . , s K , A n 

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" Ayrshire, de 3 à 4| pour cent. 
" Holstein, de 3 à 4 pour cent. 

Il est compris qu'il s'agit ici du pourcentage moyen pour l'année. 

La vaehe Canadienne est-elle profitable ? 

La valeur du bétail Canadien, comme bétail laitier, ne saurait 
être mieux démontrée, que par les rapports officiels de la Ferme 
Expérimentale d'Ottawa et ceux du Concours des races laitières à 
Buffalo en 1901, concours qui a duré six mois. 

Les éleveurs de bétail Canadien ont toujours dit que la vache 
canadienne donnait assurément moins de lait que TAyrshire durant 
la période d'abondante lactation, mais qu'elle en donnait presque 
autant d'un vêlage à l'autre. Ils ajoutaient que la Canadienne, 
comme laitière, était plus profitable. 

Les rapports de la Ferme Expérimentale pour 1903 et 19U4 
confirment, sous ce rapport, par une expérimentation impartiale et 
parfaitement contrôlée, les assertions des éleveurs de bétail canadien. 

Nous avons toujours dit que le lait de la vache canadienne était 
moins riche que celui de la Guernsey. Les rapports officiels ci-des- 
sus démontrent, ce que nous n'aurions jamais osé prétendre, savoir : 
que la richesse du lait de la Canadienne est pratiquement aussi 
grande que celle de la Guernsey. 



Le Bétail Canadien 



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Le Bétail Canadien 



Dans les concours de longue haleine, de 365 jours, la vache 
canadienne prouvera invariablement sa supériorité sous le rapport 
de la quantité de beurre produit, des profits nets réalisés à son pro - 
priétaire. Quant à la quantité de lait, elle prouvera, comme à la 
Ferme Expérimentale, qu'elle en donne presque autant que l'Ayrshire. 

Mais le point sur lequel il convient d'insister, c'est que la vache 
canadienne est plus profitable que les autres. Or la valeur absolue 
d'une race laitière est proportionnelle à la somme de profits nets 
qu'elle donne durant l'année et non pas à la quantité totale de lait 
donnée dans une journée, dans un mois ou dans les trois mois de 
lactation abondante. 

Le tableau ci-dessus donne la moyenne de production et de 
profits pour chaque race. C'est-à-dire qu'il ne s'applique qu'à une 
seule vache de chaqus lace. Il démontre que, durant l'année, la va- 
che canadienne a donné : — 

$34.42 plus de profit net que la Courtes-Cornes 
9 '09 plus de profit net que la Guernsey 
6.73 plus de profit net que l'Ayrshire 

Ce qui veut dire qu'avec un troupeau de 20 bêtes, les vaches 
canadiennes auraient donné : — 

$688.40 plus de profit net que la Courtes-Cornes soit : 

l'intérêt sur un capital de $11,473.00 à 6 par cent. 

$181.80 plus de profit net que la Guernsey, soit : 

l'intérêt sur un capital de $3,030.00 à 6 par cent # 

$134.60 plus de profit net que l'Aryshire soit : 

l'intérêt sur un capital de $2,243.00 à 6 par cent. 

Les résultats obtenus à la Ferme Expérimentale démontrent 
clairement, aussi, quatre faits sur lesquels il est nécessaire d'attirer 
l'attention publique : 

1° Que les concours d'un jour ou d'une semaine sont plutôt de 
nature à tromper le public qu'à le renseigner sur la valeur compa- 
rative réelle des concurrentes. 

2° La sagesse dont fait preuve l'Hon. M. Fisher, ministre de 
l'Agriculture du Canada, en instituant un concours de 365 jours 
consécutifs pour les vaches laitières dépure race. 



10 . Le Bétail Canadien 



3° Que la vache canadienne bien nourrie et bien traitée, comme 
elle L'est à la Ferme Expérimentale, vaut plus que celle des autres 
races pour le cultivateur ordinaire. 

4° Que les cultivateurs canadiens français qui ont des trou- 
peaux de vaches canadiennes (c'est le plus grand nombre dans la 
province de Québec) perdent un temps précieux et de l'argent en 
voulant les remplacer par une autre race ; qu'ils doivent plutôt 
garder leurs vaches canadiennes, les nourrir abondamment, leur 
donner de bons soins, tout en s'efforçant d'en améliorer la taille, les 
formes et la couleur par l'emploi de mâles reproducteurs de la même 
race venant de troupeaux améliorés. 



LA VACHE CANADIENNE AU CONCOURS 
DE BUFFALO 

Quant au grand concours des vaches de bétail laitier à Buffalo 
et de la part qu'y ont prise les vaches canadiennes, nous ne sau- 
rions mieux faire que de citer M. T. B. Macaulay, secrétaire de 
l'Assurance-Vie Sun et vice-président de la Société des Eleveurs 
de Bétail Canadien. 

" Chacune des dix races concurrentes, écrit M. Macaulay, 
était représentée, à ce grand Concours de Buffalo, par cinc^ des 
meilleures vaches de la race. (1) Les Canadiennes donnèrent plus 
de profits nets, pour la nourriture consommée, que toutes les autres 
races ". 

Tous les cultivateurs produisent une certaine somme d'aliments, 
pâturages ou foin et ils sont anxieux de savoir, quelle est la race 
de bétail qui transformera le plus profitablement ces aliments. Il 
est prouvé qu'une même quantité d'aliments pourra nourrir profita- 
blement un plus grand nombre de vaches canadiennes que de va- 
ches d'autres races. Cela se comprend bien, vu la frugalité et la 
santé robuste qui caractérisent les vaches canadiennes. Et, c'est ce 
qui a été prouvé à Buffalo, comme on peut le voir par le tableau 
suivant, basé sur les rapports officiels. 





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ont être nourries 


Coût de la 


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136.39 . 




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137.78 




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138.03 




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110.98 . 




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Le Bétail Oanadtkn 11 



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Guei'nsey 1 36 . 39 

Jersey 

Sussex 

Ayrshire .... 

Suisse \ . 147.26 112 

Courtes Cornes 162. 12 102 

Holstein 164.69 100 

(1) Il faut faire exception pour la race bovine canadienne. 
Cinq très bonnes vaches avaient bien été choisies et préparées pour 
ce concours. Mais au moment de partir, deux étaient malades et 
durent être remplacées par les premières venues, L'une de ces der- 
nières était dans un état avancé de gestation : l'autre était une 
vache très ordinaire. Notons aussi que les vaches canadiennes 
n'étaient pas habituées à l'alimentation qui leur était donnée' et ne 
s'y habituèrent qu'avec le temps (Note de J. A. Couture). 

" Ce qui importe davantage au cultivateur de savoir, c'est 
qu'il ne lui en coûte pas plus pour entretenir, en bon état, trois va- 
ches canadiennes que deux de certaines autres races. Nous admet- 
tons, continue M. Macaulay, qu'à Buffalo, certaines vaches de gran- 
de taille ont donné plus de profit par vache que les petites vaches 
canadiennes, mais cela importe peu au cultivateur qui ne doit guère 
s'occuper s'il fait consommer son fourrage par deux ou trois bêtes. 
Ce qui doit le préoccuper et ce qu'il lui importe de savoir c'est : 
Combien de têtes de bétail de chaque race il peut nourrir avantageu- 
sement et laquelle de ces. races lui donnera le plus de bénéfices nets. " 
L'hon. M. S. Fisher, Ministre de l'Agriculture du Canada, 
dans un discours prononcé à la Convention de l'Industrie Animale, 
tenue à Ottawa, le 5 février 1908, a dit de la vache canadienne : 

"Je suis moi-même un éleveur de bétail guernsey qui me donne 
satisfaction. Les Ayrshires, les Jerseys et les Holsteins sont 
d'excellentes races laitières et chacune d'elles peut, dans certaines 
conditions, être plus profitable que les autres. Mais je n'hésite à 
dire (l'expérimentation l'a démontré d'une manière incontestable) 
que, pour la production du beurre, la vache canadienne est de 
beauconp la plus profitable de toutes les races laitières de l'univers, 



12 Le Bétail Canadien 



Extrait de la page agricole parue dans le " Soleil " 
du S juillet 1917 

LA MEILLEURE RACE 

Il y a longtemps que nous n'avons pas parlé des vaches laitiè- 
res. Il ne serait peut-être pas mauvais de dire un mot des différen- 
tes races qu'on pourrait choisir. 

Quelle serait la meilleure 1 ?. . Autant vaut le dire tout de suite : 
il y en a une " meilleure POUR VOUS, il n'y en a pas de meilleure 
quand on parle pour tout le monde. 

Toutes les races existantes ont des qualités et des défauts, 
mais il va de soi qu'elles n'ont pas toutes les mêmes qualités et les 
mêmes défauts, sans quoi on ne verrait pas bien l'utilité du mal 
qu'on s'est donné à les former. 

Or, la question, pour chacun de nous, est d'étudier minutieu- 
sement quel usage nous ferons de nos animaux sur NOTRE ferme ; 
après quoi, nous choisirons parmi les races de laitières celle qui se 
conformera le plus à la spécialité de notre industrie. 



" L'industrie laitière " est un vocable qui signifie beaucoup de 
choses. On peut faire de l'industrie laitière, et être soit vendeur de 
lait en nature, soit engagé dans la production du fromage, ou encore, 
lancé dans la fabrication du beurre, et peut-être d'autre chose encore. 

Votie ferme, par sa nature, par son éloignement des débouchés 
ou son rapprochement de centres importants, par sa situation ré- 
gionale (à raison du climat) peut ou ne peut pas convenir à certaine 
spécialité de l'industrie du lait. 

Enfin, il y a certainement parmi les types de vaches laitières 
reconnues comme avantageuses, un type adapté à votre besoin. 
Quel est-il *? C'est à vous-mêmes de le choisir. Nous ne pouvons 
qu'indiquer à grands traits les raisons pouvant vous déterminer à 
prendre une décision. Encore serait-il bon que vous vous infor- 
miez auprès de gens renseignés sur la question avant d'agir. 

En somme, la meilleure preuve que le problême est complexe, 
c'est que nombre de cultivateurs essaient en Y AIN d'améliorer 
leurs troupeaux sans trop réussir, ou sans en tirer un grand profit. 
Quelques-unes des remarques suivantes pourraient peut-être leur 
rendre service ; c'est dans ce but qu'elles sont écrites, et puissent- 
elles l'atteindre ! 






Le Bétail Canadien 13 



Le principal facteur qui nous décidera à l'adoption d'une race ; 
appropriée, c'est la nature du sol que l'on cultive. 

Si nous avez une terre élevée et sèche, où les pâturages sont 
maigres, et les herbes peu abondantes, il est hors de doute que vous 
manquerez votre coup en adoptant uee race laitière de grande taille 
et de grande production. Les vaches font du lait avec ce que nous 
leur donnons,etil faut donner pour que celles-ci donnent à leur tour. 
A donnant, donnant. 

Au contraire, si vous cultivez un sol lourd, humide et fourrager, 
si vous faites de la culture sarclée, afin de pouvoir fournir une ex- 
cellente alimentation d'hiver, vous pourrez certainement adopter 
une grosse race. 

Autre cas, vous avez une terre de consistance moyenne ; vous 
faites des cultures sarclées, des fourrages verts, enfin vous ne négli- 
gez aucun des moyens à votre portée pour que votre bétail soit bien 
nourri pendant les 365 jours d^ l'année. Rien n'empêche alors que 
vous ayez une race de grande taille. 

Où bien, sur un sol lourd, vous ne faites que la culture de l'a- 
voine et du foin. Quand bien même vous auriez tous les pâturages 
voulus, si vous n'avez pas une alimentation succulente pour l'hiver, il 
est inutile de songer à garder, avec succès dans la production, et 
sans dégénérescence dans la race, un gros type de bétail. 

Il faut nous choisir le type d'animaux qu'il nous faut d'après 
ce que nous pouvons leur faire consommer. Une petite race bien 
nourrie vous donnera plus de bénéfices qu'une grande mal entrete- 
nue, qui ne fera que vous attirer des pertes et des désagréments. 
C'est une vérité trop élémentaire pour qu'on lui donne un développe- 
ment ici. Vraiment, on ne sait trop comprendre la manière de pen- 
ser de ceux qui achètent une superbe race de bétail pour la mettre 
à la ration sur une terre pauvre, ou mal cultivée, (très souvent l'une 
et l'autre à la fois). 

On comprend mieux la faillite d'une telle manière de faire, 
puisque c'est dans l'ordre des choses. Malheureusement, le discrédit 
va sur la race qui a eu le malheur d'être choisie, ou imposée par des 
' r progressistes"' à outrance, à de pauvres cultivateurs inexpérimen- 
tés ; et, j'ai eu connaissance de la chose, c'est une race d'animaux 
dont l'implantation est retardée de plusieurs années dans une région 
fertile, pour avoir fait ses débuts sur une mauvaise ferme. 

Il arrive souvent que, possesseur d'une bonne terre, on la 
cuitive mal, et le bétail qu'on adopte ne donné pas le rendement 
voulu. 



14 Le Bétail Canadien 



La faute est à nous, sans doute, mais nous accusons le bétail 
et nos voisins font comme nous Ou encore, c'est tout le contraire 
que nous faisons, Notre voisin, bon cultivateur, adopte une race. 
Nous, qui cultivons mal nous nous empressons de faire de même ; 
le résultat est facile à deviner. 

Je m'aperçois que je confesse un peu trop nos travers, ce qui 
pourrait peut-être déplaire. Mais consolez-vous, je n'ai pas tout 
dit ! 

Pour faire de l'industrie laitière avantageuse, il faut avoir de 
bons animaux. Mais pour les avoir tels, il faut les nourrir. Et, 
pour avoir toujours un bon bétail, il faut choisir un bétail uniforme 
et le reproduire avec des sujets de choix de LA MEME RACE. 

Mais quelle est la meilleure race 1 direz-vous. 

Vous avez consulté les capacirés de votre sol, et vos capacités 
de cultivateurs. Vous savez donc que vous pouvez oui ou non, 
nourrir convenablement de bonnes vaches laitières. Il ne faut pas 
oublier que si les grosses vaches mangent plus que les petites, les 
petites consomment beaucoup, elles aussi. Mais, enfin, supposons 
que vous pouvez leur procurer une bonne alimentation. 



Ce n'est pas encore tout. Vendez-vous votre "gras" à une 
fabrique de beurre 1 Fabriquez-vous du fromage, ou détaillez-vous 
votre lait au village ou à la ville 1 C'est à considérer. 

Si vous faites de l'industrie beurrière, il vous faudra probable- 
ment choisir une race autre que celle qui devrait vous fournir du 
lait en vue de la fabrication du fromage ou de la vente du lait en 
nature. Il est entendu que les vaches laitières de races différentes 
n'ont pas un même pourcentage de gras dans leur lait, ce qui revient 
à dire que, de deux races à peu près semblables, l'une ferait votre 
affaire tandis que l'autre ne le ferait pas (si l'écart entre la quantité 
de gras fournie par chacune est considérable.) 

Lorsque, dans les articles subséquents, nous étudierons chaque 
race, nous donnerons les détails requis sur cette question importante. 

Un petit exemple vous aidera probablement à mieux compren 
dre l'importance qu'on attache à la richesse du lait produit par des 
vaches de races différentes. Dans une ferme expérimentale des 
E.-XJ., on avait, il y a quelques années, deux troupeaux bien diffé- 
rents ; l'un formé de grosses Holstein, et un autre dé petites Jersey 
(ressemblant beaucoup à la race Canadienne). Une vache Holstein 
donna le double du lait d'une yache Jersey. 



Lk Bétail Canadien 15 



Mais la quantité de beurre extraite du lait de la petite fut 
aussi graDde que celle de Vautre. Or, comme la petite vache avait 
consommé moins que la Holstein, il se trouva qu'elle avait donné 
plus de bénéfices nets. . Il me semble qu'il vaut un peu la peine 
de regarder à la qualité beurrière d'une race, lorsqu'on fait des 
démarches pour améliorer un troupeau de vaches communes par une 
race déjà améliorée. 

Ceci ne veut pas dire cependant que la grosse Holstein n'au- 
rait pas donné double profit, s'il se fut agi de vendre le lait en nature. 

Vous voyez donc que ce sont autant de circonstances auxquel- 
les il faut regarder avant d'adopter un type définitivement 

Pour illustrer encore . vous demeurez près d'un centre impor- 
tant, ville ou village. Vous possédez une terre riche, vous nourris- 
sez bien le bétail que vous avez, mais vos vaches ne donnent pas 
assez de lait pour la clientèle qui vous assomme de demandes. Vous 
voulez donc choisir une race meilleure que la race commune qui 
vous fait souffrir. Vous adopterez dans le cas la race Holstein qui 
donne les plus gros rendements en lait. Peu importe alors la quan 
tité de gras, puisque le minimum exigé par la loi est assez peu élevé, 
juste assez pour éviter les fraudes. 

Vous êtes, au contraire, en pleine campagne, sur une terre bon- 
ne mais peu améliorée où les récoltes et les pâturages ne sont pas 
excessifs. En plus, vous vendez votre lait à la beurrerie, qui n'en 
garde que la crème, Allez-vous adopter la Holstein 1 Non pas ; il 
n'y a à bien dire qu'une race qui vous conviendrait parfaitement : 
la Canadienne. Elle se contentera de peu, en donnant peu, mais 
plus qu'une autre qui serait soumise au même traitement, et cela 
sans trop dégénérer. Mais elles supportent assez bien les amélio- 
rations du système d'alimentation comme les autres. 



Nous avons exposé quelques cas. Trouvez-vous le vôtre 1 
tant mieux, mais il est difficile de contenter tout le monde. Pour 
déterminer à chaque cultivateur ou chaque groupe de cultivateurs 
la race qu'il leur faudrait adopter et le système d'industrie laitière 
à suivre, il ne faudrait pas un article, mais un véritable diction- 
naire, et encore il faudrait que chacun y mette de son jugement 
axant d'agir. 

En étudiant dans les articles qui suivront;, chaque race en 
détail, nous pourrons donner, j'espère, des indications précises qui 
vous aideront à mieux comprendre le présent écrit. 

L. G. F. 



16 Le Bétail Canhdien 



Extrait du Journal d 'Agriculture et d'Horticulture 
du 15 février 1917. 

BETAIL, CANADIEN, AYRSHIRE ET HOLSTEIN 

On trouve bien des choses intéressantes dans le dernier rapport 
du service de l'élevage à la Ferme Expérimentale d'Ottawa, par 
exemple sur la valeur relative des différentes races de bétail laitier. 
La mode est aux ayrshires depuis longtemps, mais les holsteins 
gagnent du terrain, et déplaceront bientôt les ayrshires hormis 
qu'une loi n'oblige bientôt les fabriques de fromage et de beurre à 
payer le lait suivant sa richesse. Oh, alors, les petites races (Cana- 
diennes, Jerseys et Guernseys) dont le lait est si riche jetteront dans 
l'oubli les grandes races dont le lait est plutôt pauvre. 

A la Ferme Expérimentale donc, les cinq meilleures vaches de 
chaque race du troupeau ont été soumises à une expérience dans le 
but de savoir quelle race était la plus profitable. Tournez à la page 
425 du rapport et vous lirez que le "profit de la vache entre les 
deux vêlages," (main d'œuvre et veau non compris) par comme suit : 

Pour les ayrshires $ 58.50 par tête 

Pour les canadiennes 81 .67 par tête 

• Pour les holsteins 42.25 par tête 

Le coût de production d'une livre de beurre a été. 

19 sous pour l'ayrshire 

15 sous pour la canadienne 

22 sous pour la holstein 

Le coût de la production de 100 livres de lait a été : 

95 sous pour l'ayrshire 

84 sous pour la canadienne 

95 sous 9/10 pour la holstein 

La richesse du lait a été de 4.15 pour cent de gras pour 
l'ayrshire, 4.80 pour la canadiene, et 3.63 pour la holstein. 

Ces chiffres sont plus éloquents que tout ce que je pourrais 
écrire en faveur de la vache canadienne. Ils ne me surprennent 
pas, car il y a longtemps que je sais à quoi m'en tenir. Aussi, vois- 
je avec peine un trop grand nombre de cultivateurs et de cercles 
agricoles mettre de coté la vache canadienne pour la remplacer par 
une autre, ayrshire ou holstein, qui ne la vaut pas. 



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